« Je me suis convertie à l’islam il y a un peu moins de 20 ans, sans doute en réponse à mon côté spirituel jamais exploité jusque là dû à l’éducation athée que mes parents m’ont donné.

J’étais très indépendante dans mon apprentissage à la religion, autodidacte, j’apprenais seule avec des livres et cassettes audio comme support, je me mélangeais rarement aux autres musulmans.

Je me sentais épanouie dans ma nouvelle façon de vivre…

Je me suis très vite mariée et mon premier enfant est né quelques mois plus tard….

S’en est suivie une longue « descente aux enfer », sournoise, mais bien présente, par la cohabitation avec ce mari tortionnaire et cette croyance religieuse laissant entendre que pour être une bonne croyante, la femme a des droits et des devoirs bien délimités, ce qui engendre un laxisme dans l’action, toujours dans l’attente interminable d’un miracle.

Dans mon malheur, j’avais ce joyau d’indépendance financière (aide de l’état par diverses allocations), et cette force de caractère qui m’empêchait malgré tout, d’accepter cette situation qui ne correspondait pas à ma vision du bien être et des enseignements religieux que j’avais pu apprendre quant à l’éthique du musulman .

Acculée, j’ai décidé de fuir cette situation en laissant mon propre appartement, mes affaires, ne prenant que mes enfants et le strict minimum.

j’ai très vite été relogée tout en entamant ma procédure de divorce pour faute.

 

Une période de paix s’est installée pour finalement laisser place à d’autres tourments importés d’un pays qui propage une vision obscurantiste de la religion, à laquelle j’ai adhéré un temps, y trouvant une certaine cohérence avec la piété qui se résume à « plus la femme est effacée, plus elle est pieuse ».

 

Je me suis davantage couverte en portant le niqab, isolée du monde, j’avais très peu de rapport sociaux, je ne voyais pas le cercle vicieux s’installer autour de moi malgré que je me sentais de plus en plus mal.

On nous dit souvent que la souffrance est une épreuve, et qu’il faut savoir la surmonter en patientant, chose que je m’efforçais de faire durant toutes ces années….

Jusqu’au jour où constatant mon état, un ami m’a conseillé de retirer le niqab, car il avait bien compris que le problème venait de là, ce que je fis.

Il m’a fallu une période de réadaptation, comme sortie de prison, je devais réapprendre à vivre avec les gens, revivre normalement, je n’avais plus cette épée de Damoclès à chacune de mes sorties, les gens ne m’insultaient plus, j’étais de nouveau identifiable.

Progressivement je réfléchissais aux dégâts engendré par ce mode de vie auquel j’ai adhéré pendant trop longtemps et ce qui en a découlé sur moi, mes proches et le monde en général.

J’ai décidé de me prendre en main et d’être dorénavant en phase avec moi même, et non en phase avec des textes qui vont à l’encontre du bien être pour soi et pour l’humanité.

Je suis actuellement en reconversion professionnelle dans un domaine que je me suis trop longtemps interdit, je compte bien aller jusqu’au bout et me faire une place.

 

Anonyme.

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Suite de ce témoignage reçue dans un second email : la reconversion vers une profession qui était auparavant impossible…

« Je me suis penchée sur mes créations il y a plusieurs années déjà suite à ma première fausse couche.
Dévastée par le chagrin et inconsolable, je m étais dis qu’il fallait trouver quelque chose à faire pour m’occuper l’ esprit.
J’ai donc commencé doucement à créer puis les offrait systématiquement.
Ce n’était pas un quotidien, ça me prenait par période.
Cependant ce n’est pas mon premier intérêt mais plutôt un plaisir, un passe temps qui effectivement pourrait être davantage exploité si je trouvais (à mon sens) de quoi améliorer mes créations qui vaudrait le coup (et le coût) de les vendre.
J’y réfléchis justement et fouine là ou je peux pour trouver de quoi me perfectionner.

En parallèle comme je l’ai expliqué dans mon témoignage, je me suis enfin lancée dans ce métier, cette vocation qui pour moi est une réelle passion mais qui a du mal à se mettre en place comme pour beaucoup d’autres domaines je pense.

J’ai été attirée par ce métier il y a plus de 10 ans, mais mes espérances d’y aboutir un jour étaient réduites à néant puisque dans notre religion…. tout est interdit…. surtout lorsqu’il s’agit d’aller travailler chez les non musulmans.
Lorsque j’ai commencé à me libérer vestimentairement puis moralement et enfin psychologiquement, j ai décidé de m’inscrire au pôle emploi et commencé ces démarches que j’aurais dû faire depuis bien longtemps.

Quand les gens apprennent quelle voie j’ai choisie, ils sont entre la peur et la fascination, loin de moi toute idée morbide ou malsaine, je sens que ce métier est fait pour moi, c’est viscéral, ça ne s’explique pas ou difficilement.
J’ai donc choisi de devenir agent de chambre mortuaire, un milieu à part où se côtoient tristesse et compassion et contre toute attente beaucoup de sympathie.

Il y a pour moi cette part de mystère de l’après, ces défunts que je reçois et dont je dois m’occuper, ces familles effondrées que j’accompagne dans leur deuil .

J’ai pu faire une immersion d’un mois à l’hôpital Avicenne, un stage à la hauteur de mes attentes, et je viens tout juste d’avoir un retour positif (au bout de 5 mois) du pôle emploi acceptant de me financer la formation Adequat sur une courte période dans une école privée.
Après cela je commencerai à postuler ici et là dans divers hôpitaux de Paris et sa région, ça ne sera probablement pas facile car c’est un milieu assez fermé et les places sont chères.

Ce qui évidemment ne m’empêchera pas de continuer à créer à côté. »

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